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FRANÇAIS, LANGUE SECONDE - compétence interculturelle

« La langue et la culture sont indissociables. La classe de français, langue seconde, permet donc à l’élève de s’ouvrir à la culture francophone. Elle lui offre aussi l’occasion de mieux comprendre sa propre culture. En effet, en côtoyant un autre système de référence que le sien, l’élève découvre d’autres perspectives, croyances ou valeurs, ce qui lui permet d’approfondir sa connaissance de soi, de relever les ressemblances entre les deux cultures et d’en comprendre les différences, de se situer par rapport à elles et de développer progressivement une compétence interculturelle. » (PFÉQ, page 12)

Compétence interculturelle​

LEARN & LBPSB en collaboration avec l’UQAM sont fiers de partager le fruit d’un travail de deux ans consacrés à l’enseignement de la compétence interculturelle en classe de français, langue seconde et dans les bibliothèques scolaires. Vous trouverez sur le site web des pistes de discussion et des activités clé en main pour les enseignant.e.s de FLS et des outils pour le personnel des bibliothèques ainsi qu’une bibliothèque virtuelle.

À propos

LEARN & LBPSB en collaboration avec l’UQAM sont fiers de partager le fruit d’un travail de deux ans consacrés à l’enseignement de la compétence interculturelle en classe de français, langue seconde.

Responsables du projet

Raphaella Dixon, bibliothécaire, LBPSB

Marc-Albert Paquette, conseiller pédagogique, LBPSB

Julie Paré, conseillère pédagogique, LEARN

Valérie Amireault, professeure au Département de didactique des langues de l’UQAM


Équipe d’enseignantes

Julie Canty-Homier, enseignante, LBPSB

Émilie Lefebvre, enseignante, LBPSB

Lucie Lejeune, enseignante, LBPSB

Kethia Patsy Pognon Hanna, enseignante


Équipe des techniciennes en documentation

Andrea Hyde, technicienne en documentation, LBPSB

Lumi Susan, technicienne en documentation, LBPSB

Équipe de création de fiches de lectures en lien avec la compétences interculturelle

Témoignages - Ce que j'ai retenu de ce projet

Parlons de la compétence interculturelle​

Qu’est-ce que la compétence interculturelle dans le contexte de la classe de FLS  ?

La culture fonde et constitue la vie quotidienne partagée par un groupe d’individus; elle évolue constamment et représente une véritable dynamique sociale. La langue, moyen de communication entre les membres d’une culture donnée, est aussi un des éléments qui constitue cette culture, qui fait qu’elle se démarque de celle des autres. Les liens si étroits entre la langue et la culture sont ainsi importants à prendre en compte en enseignement/apprentissage du français langue seconde (FLS) afin que l’élève soit en mesure d’interagir de façon efficace et adéquate en français dans des contextes culturels variés.

S’ouvrir à une autre culture par le biais de l’apprentissage d’une langue participe au développement d’une compétence de communication interculturelle, composée de trois composantes: des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être (Lussier, 2009, 2018): l’élève, en se familiarisant avec l’Autre et en découvrant d’autres valeurs et façons de pensées que les siennes, réfléchit à la culture de l’Autre et à ses propres appartenances culturelles. Le développement de la compétence de communication interculturelle est ainsi susceptible de mener à une réflexion identitaire chez l’élève : en découvrant l’Autre, une remise en question identitaire peut s’opérer.

En enseignement/apprentissage du FLS, il est donc important de faire réfléchir les élèves sur leur propre identité, sur leurs interactions avec le français, la culture francophone et les francophones. S’ouvrir à une autre culture favorise l’ouverture à l’Autre de façon plus générale, un atout pour de jeunes locuteurs vivant dans une société interculturelle.

  1. Selon vous, qu’est-ce que la culture? Qu’est-ce que l’interculturel?

  2. Pourquoi traiter de culture et d’interculturel en contexte d’enseignement/apprentissage du français langue seconde (FLS) au Québec ?

  3. Présentement, prenez-vous en compte la dimension culturelle/interculturelle dans votre pratique ? Si oui, comment ? Si non, pourquoi ?

  4. Par rapport à la prise en compte de la dimension culturelle/interculturelle dans votre pratique, comment vous sentez-vous ?

    a) Très enthousiaste et impliqué(e)                
    b)
    Plutôt motivé(e), mais je ne sais pas par où commencer
    c) Intéressé(e), mais je manque de temps et de ressources pour m’y attarder
    d) Très peu concerné(e)
    e)Démuni(e) et dépassé(e)                        

La culture fonde et constitue la vie quotidienne partagée par un groupe d’individus; elle évolue constamment et représente une véritable dynamique sociale.  Définir la culture est un exercice complexe; la définition de ce qu’est la culture varie d’un individu à l’autre.

Voici, pour référence, la définition de la culture proposée par Legendre (2005) :

Ensemble des manières de voir, de sentir, de percevoir, de penser, de s’exprimer et de réagir; ensemble des modes de vie, des croyances, des connaissances, des réalisations, des us et coutumes, des traditions, des institutions, des normes, des valeurs, des mœurs, des loisirs et des aspirations qui distingue les membres d’une collectivité et qui cimente son unité à une époque (p. 316)

La culture est au cœur de l’ensemble de l’activité humaine des individus, et contextualise l’activité d’enseignement/apprentissage de la langue.  

La langue, moyen de communication entre les membres d’une culture donnée, est aussi un des éléments qui constitue cette culture, qui fait qu’elle se démarque de celle des autres.  La langue incarne essentiellement « les valeurs, les significations d’une culture; elle fait référence à des artefacts culturels et signale l’identité culturelle d’un individu » (Byram, 1992, p. 65).

L’ouverture à l’Autre, par le biais de l’apprentissage du français, permet donc à l’élève de mettre en relation plusieurs cultures lorsqu’il pense ou qu’il interagit, de devenir un locuteur interculturel. L’interculturel n’est pas, en tant que tel, un contenu d’enseignement : il s’agit plutôt d’une démarche qui, par l’échange, « vise la construction de passerelles, de liens entre les cultures » (Chaves, Favier et Pélissier, 2012, p. 12).

Comme le souligne Abdallah-Pretceille (2011), « le préfixe ‘inter’ du terme ‘interculturel’ indique une mise en relation et une prise en considération des interactions entre des groupes, des individus, des identités » (p. 49).

Selon Huber et Reynolds (2014), la compétence interculturelle est une combinaison de connaissances, d’habiletés et d’attitudes qui nous permettent de respecter et de mieux Section

Il est nécessaire de préciser que les connaissances sur une autre culture ne sont pas suffisantes pour développer une compétence interculturelle : il est important pour les élèves d’avoir une réflexion critique concernant la culture de la langue-cible, les autres cultures qui les entourent et leur propre culture.

Développer une compétence interculturelle requiert entre autres de la part de l’individu une connaissance de sa culture d’origine ainsi qu’une volonté d’ouverture et de réflexion en lien avec les personnes d’autres cultures.  

La langue est utilisée dans le but de communiquer, d’interagir avec les autres. Ainsi, la compétence de communication interculturelle réfère à l’habileté à interagir efficacement et de façon appropriée avec des gens de cultures différentes de la nôtre, et ce dans divers contextes (Arasaratnam, 2009). 

Afin de travailler cette dynamique d’interaction en situation de communication, Lussier (2009, 2018) propose de cibler les dimensions des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être.

Les savoirs se traduisent en termes de connaissances sur l’autre culture, par exemple des faits historiques, des personnages célèbres, des artefacts culturels.  L’acquisition de savoirs culturels est la façon la plus fréquemment utilisée par les enseignant.e.s de langue pour aider leurs élèves à appréhender et à apprécier l’autre culture.

La dimension du savoir-faire concerne les comportements reliés à l’adaptation à l’autre culture.  Bien sûr, le savoir-faire englobe des savoirs car on ne peut pas adapter nos comportements à l’autre culture si l’on ne possède pas les connaissances nécessaires de l’autre culture. Il s’agit donc de la capacité de l’élève à se comporter de façon appropriée, c’est-à-dire selon les conventions et la culture de la communauté qui parle la langue cible.  

Le savoir-être, pour sa part, se rapporte à l’internalisation, à l’appropriation et à la prise de conscience de l’autre culture. Développer un savoir-être culturel signifie développer une ouverture, sensibilisation, un respect à l’égard des autres cultures afin d’arriver à mieux comprendre l’Autre.  Il s’agit donc de savoir comprendre et savoir accepter les autres cultures afin de développer un système de valeurs avec une ouverture à l’altérité et à l’empathie. 

En classe, la compétence de communication interculturelle peut s’actualiser de nombreuses façons, notamment par le biais de documents authentiques (documents non conçus pour la salle de classe, par exemple romans, journaux, revues, affiches, publicités, etc.), qui circulent dans la culture-cible. La compétence de communication interculturelle permet de former des élèves qui privilégient les contacts et les échanges avec différentes cultures et qui sont en mesure d’apprécier et d’évoluer dans cette diversité (Lussier, 2009).

La classe de langue est un espace qui se prête particulièrement bien à la découverte culturelle, à l’ouverture à l’Autre, ainsi qu’à la prise de conscience par l’élève de sa propre culture :

« When language learners speak, they are not only exchanging information with target language speakers but they are constantly organizing and reorganizing a sense of who they are and how they relate to the social world » (Norton Peirce, 1995, p.18)

Le développement de la compétence de communication interculturelle est ainsi susceptible de mener à une réflexion identitaire chez l’élève : en découvrant, en rencontrant l’Autre, une remise en question ou une reconstruction identitaire peut s’opérer. Cela renvoie à la nature dynamique de l’identité, qui se modifie par les contacts avec l’altérité. 

Le développement de la compétence de communication interculturelle est aussi susceptible d’être lié au processus d’acculturation, qui consiste à « prendre de la distance par rapport à la vision du monde ou au système de valeurs de la première culture, d’aborder les problèmes anciens sous un jour nouveau, et de ne plus porter de jugements à partir d’évaluations ethnocentriques » (Lazar et al., 2007, p.8). 

De façon parallèle, le modèle d’acculturation de l’immigrant de Berry (1980, 1990, 1997, 2004), même s’il a été élaboré pour des individus en contexte d’immigration, peut aider à une meilleure compréhension de la réalité de l’élève en apprentissage d’une langue seconde et à la découverte d’une autre culture. 

En mettant l’accent sur deux concepts: 1) le maintien de son identité et de ses caractéristiques culturelles et 2) le maintien des relations avec les autres groupes, ce modèle a des échos pour l’enseignement/apprentissage du FLS au Québec. Un élève qui considère important, dans sa découverte du français et de la culture francophone, 1) le maintien de son identité culturelle et de ses caractéristiques culturelles et à la fois 2) le développement ou le maintien des relations avec les locuteurs francophones, pourrait probablement se sentir partie prenante de la communauté francophone du Québec.

La compétence de communication interculturelle vise l’ouverture à l’Autre avec une réflexion critique sur sa propre culture: s’ouvrir à l’Autre, c’est ainsi une opportunité pour mieux se connaître soi-même, pour réfléchir à sa propre identité et à ses caractéristiques culturelles, pour réaliser que nous appartenons à plusieurs cultures, selon divers degrés.

Ce processus est toutefois long et complexe, et susceptible d’être parsemé de réussites et de difficultés. 

En enseignement/apprentissage du FLS, il est important de faire réfléchir les élèves sur leur propre identité, sur leurs interactions avec le français, la culture francophone et les francophones. Il semble aussi primordial d’engager les élèves dans une réflexion critique par rapport à la culture-cible, à leur propre culture et aux autres cultures, et de susciter l’ouverture à l’altérité. Ils seront ainsi amenés à évoluer dans un processus d’acculturation, dépourvue de ‘réflexions ethnocentriques’.

Finalement, s’ouvrir à la culture francophone favorise l’ouverture à l’altérité de façon plus générale, un atout pour des jeunes locuteurs vivant dans une société interculturelle comme la nôtre.

Abdallah-Pretceille, M. (2011). L’éducation interculturelle. Paris : PUF. 

Amireault, V. (2007). Représentations culturelles et identité d’immigrants adultes de Montréal apprenant le français. Thèse de doctorat inédite, Université McGill, Montréal.

Arasaratnam, L.A. (2009). The development of a new instrument of intercultural communication competence. Journal of Intercultural Communication, 20.

Byram, M. (1992). Culture et éducation en langue étrangère. Paris: Didier.

Chaves, R.-M., Favier, L. et Pélissier, S. (2012). L’interculturel en classe. Grenoble : PUG.

Berry, J.W. (1980). Acculturation as varieties of adaptation. Dans A. Padilla (Ed.), Acculturation, Theory, models and some findings (pp. 9-25). Boulder, CO: Westview Press.

Berry, J.W. (1990). Psychology of acculturation: Understanding individuals moving between cultures. Dans R.W. Brislin (Ed.), Applied cross-cultural psychology (pp. 232-253). Newbury Park, CA: Sage.

Berry, J.W. (1997). Immigration, Acculturation and Adaptation. Applied psychology : An International Review, 46 (1), 5-34.

Berry, J.W. (2004). Fundamental psychological processes in intercultural relations. Dans D. Landis,  J.M. Bennett & M.J. Bennett (Eds.),  Handbook of Intercultural Training (pp. 166-184). Thousand Oaks: Sage Publications.

Conseil de l’Europe (2001). Cadre européen commun de référence pour les langues: apprendre, enseigner, évaluer. Paris : Didier.

Huber, J. et Reynolds, C. (2014). Developing intercultural competence through education. Strasbourg: Éditions du Conseil de l’Europe.

Lazar, I., Huber-Kriegler, M., Lussier, D., Matei, G. S. et Peck. C. (2007). Développer et évaluer la compétence en communication interculturelle. Strasbourg : Éditions du Conseil de l’Europe.

Legendre, R. (2005). Dictionnaire actuel de l’éducation, 3e édition. Montréal : Guérin.

Lussier, D. (2009). Enseigner et évaluer la « compétence de communication interculturelle » enjeux et complémentarité ». Le langage et l’homme, Revue de didactique du français. 44(2), 145-155.

Lussier, D. (2018). Développement des compétences de communication culturelles, interculturelles et transculturelles dans la formation des enseignants en éducation aux langues. Dans N. Vincent et S. Piron (dir.). La linguistique et le dictionnaire au service de l’enseignement du français au Québec. Montréal : Nota Bene, pp. 349-374.

Norton-Peirce, B. (1995). Social identity, investment, and language learning. TESOL Quarterly, 29(1), 9-31.

Programme de formation de l’école québécoise – Français langue seconde. Gouvernement du Québec.

La compétence interculturelle
en salle de classe​

Comment aborder les questions interculturelles à l’école ?

Certaines conditions peuvent favoriser l’intégration de l’interculturel en salle de classe. Pour aborder les questions interculturelles en salle de classe, il est d’abord important de créer un climat de confiance, d’empathie et de médiation au sein duquel les élèves seront à l’aise de discuter, de partager, de confronter les points de vue, de réfléchir dans le respect de chacun. C’est par ces échanges que les élèves développeront une analyse critique par rapport à leur propre culture et à la culture de l’Autre, et qu’ils pourront revisiter/reconstruire leurs représentations de l’autre langue et de l’autre culture. Dans ce contexte, les interventions de l’enseignant.e viseront donc à faciliter les échanges, à privilégier l’ouverture à l’Autre et l’empathie.

Les questions interculturelles ont avantage à être amenées avec une centration sur l’élève, en se basant sur une approche par l’expérience qui privilégiera les interactions et la réflexion. Plusieurs situations/contextes peuvent permettre d’aborder les questions interculturelles en classe, notamment en partant des besoins et des questions des élèves ou encore en utilisant l’actualité et les documents authentiques comme éléments déclencheurs de discussions.

  1. Abordez-vous l’interculturel autrement que par des activités, des projets de classe? Si oui, comment? Est-ce toujours planifié? Est-ce important de le faire?

  2. Quelle est la nature de vos interventions pédagogiques ‘interculturelles’ non planifiées en classe, s’il y a lieu? Comment les questions interculturelles arrivent-elles dans votre salle de classe? Comment y donnez-vous suite?

  3. Quelles sont les caractéristiques d’un climat de classe dans lequel les questions interculturelles peuvent trouver leur place?

Comment créer un climat de classe permettant d’aborder les questions interculturelles? Quelles sont les conditions qui facilitent la réflexion interculturelle en classe?

Voici certains éléments qui contribuent à la création d’un climat de classe optimal pour aborder les questions interculturelles dans la salle de classe.

Les élèves doivent d’abord de sentir à l’aise de s’exprimer en classe de langue, puis, à un deuxième niveau, de parler de culture et d’interculturel. De leur côté, les enseignant.e.s doivent aussi se sentir à l’aise d’aborder les questions interculturelles.

Un climat de confiance

« La confiance est le pilier de toute activité qui fait appel aux expériences personnelles des acteurs. Les enseignants devront apprendre comment créer un climat de confiance et travailler pour l’instaurer. Cela implique une période où les apprenants vont faire connaissance dans un environnement rassurant. Cette base est nécessaire avant de demander aux apprenants de partager leurs observations, de poser des questions difficiles, de révéler leurs sentiments profonds et de prendre des risques dans leur comportement. Le rôle de l’enseignant sera d’abord d’aider à surmonter l’ethnocentrisme et la tendance à juger qui sont spontanés pour tous. » (Maga et Ferreira Pinto, CIEP)

Un climat d’empathie « propice à l’épanouissement intellectuel et relationnel de chacun » (Fougerouse, 2016, p. 116), est primordial afin d’intégrer la dimension interculturelle en salle de classe. Cela peut se faire en favorisant, chez les élèves, l’ouverture aux autres, la décentration, le partage, le respect, la communication, la sensibilisation à la diversité. Cela permet de se connecter, de partager, d’être dans une disposition favorable pour aborder les sujets sensibles. Il est aussi important de prendre conscience que les élèves peuvent vivre des difficultés au contact de l’Autre.

La médiation est ici comprise comme un « espace de mise en relation de partenaires, en situation de découverte (…) La médiation insufflant des dynamiques propres aux espaces tiers, alternatives aux affrontements linguistiques et culturels. Dans cet espace pluriel, la différence y est nommée, négociée, réaménagée » (Zarate, 2003, p. 99). 

Un climat de classe qui favorise la médiation doit donc être propice aux réflexions, échanges, aux débats d’idées, à la confrontation de points de vue différents, dans le respect de chacun.

L’enseignant.e est un.e facilitateur.trice, un.e médiateur.trice entre les différentes cultures : il/elle doit tenter d’optimiser le climat de classe pour que les questions interculturelles soient abordées dans le meilleur espace possible. 

Pour ce faire, l’enseignant.e doit lui/elle-même démontrer de l’empathie, de l’ouverture aux autres.  Par ses interventions interculturelles, il/elle vise à favoriser, encourager les échanges (Fougerouse, 2016). C’est par ces échanges que les élèves développeront une analyse critique par rapport à leur propre culture et à la culture de l’Autre, et qu’ils pourront revisiter/reconstruire leurs représentations de l’autre langue et de l’autre culture.

Aborder les questions interculturelles en classe permet de susciter une prise de conscience interculturelle chez les élèves. Dans le Programme de formation de l’école québécoise (PFÉQ) – Français langue seconde (secondaire), la compétence interculturelle est mise de l’avant:  

La langue et la culture sont indissociables. La classe de français, langue seconde, permet donc à l’élève de s’ouvrir à la culture francophone. Elle lui offre aussi l’occasion de mieux comprendre sa propre culture. En effet, en côtoyant un autre système de référence que le sien, l’élève découvre d’autres perspectives, croyances ou valeurs, ce qui lui permet d’approfondir sa connaissance de soi, de relever les ressemblances entre les deux cultures et d’en comprendre les différences, de se situer par rapport à elles et de développer progressivement une compétence interculturelle (p.12).

  • Avec une centration sur l’élève : s’intéresser aux élèves, aux savoirs/savoir-faire/savoir-être à développer chez eux. Aborder les questions interculturelles en classe, c’est donc partir du vécu des élèves, de leur réalité, de leurs besoins, et ce afin qu’ils se sentent impliqués. 
  • Avec une approche par l’expérience : l’apprentissage a lieu dans l’expérimentation, ou à partir de cette expérimentation. Il est ainsi nécessaire que l’expérience des élèves serve de base lorsque l’on veut aborder l’interculturel en classe.
  • De façon interactive : par des échanges, des interactions, des débats d’idées.
  • En mettant l’accent sur la visée réflexive, sur l’importance de susciter la réflexion. Exemples d’axes opérationnels pouvant guider les réflexions en classe : 
  • « Réfléchir sur la langue, sur sa langue maternelle, sur la langue-cible.

  • Réfléchir sur soi-même, sur les autres, sur les relations entre soi-même et le(s)groupe(s) d’appartenance, sur la / les relation(s) aux autres.

  • Réfléchir sur les aspects culturels liés à la langue cible

  • Réfléchir sur son propre environnement culturel : être capable de le percevoir, de le comprendre.» (Boiron, s.d.)

Plusieurs situations/contextes peuvent permettre d’aborder les questions interculturelles en classe. Par exemple :

  • Besoins, questions des élèves (ex. anecdotes, expériences)
  • Utilisation de supports présents dans la vie des élèves : publicités, vidéos, journaux, revues, etc.
  • Questions d’actualité qui touchent les élèves
  • Données statistiques
  • Thèmes dans le matériel utilisé, approfondis/développés à saveur interculturelle selon les préoccupations des élèves. Importance de donner un angle interculturel au contenu enseigné.
  • Ex. thème du sport —» est-ce que le sport peut être un ‘terrain’ de rencontre entre les différentes cultures? Comment? L’avez-vous déjà vécu? De quelle(s) façon(s)? 

Il est tout à fait possible d’intégrer l’interculturel à ce que les enseignant.e.s font ‘déjà’ en classe : il s’agit de saisir les opportunités, d’approfondir avec une lentille sur l’altérité.

  • Questions pour susciter la réflexion
  • Conversations/discussions 
  • Tâches liées à la sensibilisation interculturelle  (Adapté de Neuner, 2003, p. 57): 
    • Partir d’images pour engager une discussion
    • Raconter une histoire, un événement
    • Discuter de situations précises
    • Décrire les gens (ex. sur des photos, des coupures de presse)
    • Parler de ses opinions 
    • Comparer les termes utilisés dans des langues différentes pour décrire le même concept, ou comparer des concepts qui ont des termes spécifiques à la culture (ex. mots liés à la neige)

Boiron, M. (s.d). L’interculturel en classe au quotidien. Le cours de français, une école du regard. Alliance française. En ligne : https://mooc.cavilam.com/assets/courseware/v1/4a3b0ba1652c4543aa8c1c923ccd1cce/asset-v1:CAVILAM+CAV-001+5+type@asset+block/article-interculturel.pdf

Byram, M., Gribkova, B. et Starkey, H. (2002). Développer la dimension interculturelle dans l’enseignement des langues. Une introduction pratique à l’usage des enseignants. Strasbourg : Conseil de l’Europe. Division des politiques linguistiques. En ligne : https://rm.coe.int/16802fc3aa

Conseil de l’Europe (2001). Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL): apprendre, enseigner, évaluer. Strasbourg : Éditions du Conseil de l’Europe. 

Fougerouse, M.-C. (2016). Une approche de l’interculturel dans l’enseignement/apprentissage du français langue étrangère. Synergies France, no 10, p. 109-122.

Lussier, D. (2018). Développement des compétences de communication culturelles, interculturelles et transculturelles dans la formation des enseignants en éducation aux langues. Dans N. Vincent et S. Piron (dir.). La linguistique et le dictionnaire au service de l’enseignement du français au Québec. Montréal : Nota Bene, pp. 349-374.

Maga, H., en collaboration avec Ferreira Pinto, M. (s.d.) Former les apprenants du FLE à l’interculturel. Centre international d’études pédagogiques (CIEP). En ligne :

http://portail-du-fle.info/glossaire/interculturalite2magafrancparler.html

Neuner, G. (2003). Les mondes socioculturels intermédiaires dans l’enseignement et l’apprentissage des langues vivantes. Dans Byram, M. (coord.). La compétence interculturelle. Strasbourg : Conseil de l’Europe. Division des politiques linguistiques, pp.15-66. En ligne : https://rm.coe.int/16806ad2de

Sánchez Murillo, J. et Sibaja Hernández (2013). Quelques pistes pour aborder la culture en classe de FLE. Letras, 53, p.61-92.

Zarate, G. (2003). Identités et plurilinguisme : conditions préalables à la reconnaissance des compétences interculturelles. Dans Byram, M. (coord.). La compétence interculturelle. Strasbourg : Conseil de l’Europe. Division des politiques linguistiques, pp. 89-123. En ligne : https://rm.coe.int/16806ad2de

Témoignages - Nos trucs pour l'enseignement de la compétence interculturelle en FLS

Activités clés en main

Voici des activités réalisées par l’équipe d’enseignantes et de techniciennes en documentation.

Voici des fiches de lectures réalisées par une équipe de conseillères pédagogiques et d’enseignantes d’English Montreal School Board.

The Intercultural Competency
at the Library

The school library supports the intercultural competency by providing a welcoming physical and emotional environment that invites the safe exploration of ideas and resources. The library provides materials in both English and French, resources about different cultures, and authentic documents on a variety of topics. Students are encouraged  to try out new and unfamiliar resources.

The library supports the climate of the FLS classroom of trust (confiance), empathy (empathie) and mediation (médiation), by its physical environment designed to encourage exploration and openness to new ideas, including other cultures. School libraries strive to make their physical space one that welcomes students and staff to enter and explore the resources.

The physical layout of the library can include comfortable and welcoming seating, friendly signs instead of rule-based ones, inviting decor that invites students to stay and to browse the materials. Students should feel comfortable entering the library, exploring its resources and lingering in the library. The library is for them and is their space. The physical displays of materials encourage students to discover and try out new library resources.

The safe and friendly atmosphere of the library means that students can browse resources on their own time and without judgement. Libraries encourage students to try out new things, but also to help them find materials on a variety of subjects. Library personnel are trained to assist students without judgement or censure.

Library personnel see the students over the students’ entire school career and can take advantage of this relationship to develop trust with students that allows for dialogue, mutual respect and the free exchange of ideas. The library staff themselves, are one of the library’s most important resources. The library strives to create an atmosphere where students are not afraid to ask for help when looking for materials for class or for personal reading and research. This foundation of libraries works well with the intercultural competency, but the library personnel need to have an awareness of this need: it must be a conscious decision.

The library provides an abundance of authentic documents in various subjects, genres and formats, in print and digital formats. It promotes library materials in French and English for recreational and leisure reading, as well as for school work. 

To provide suitable library materials for supporting the intercultural competency, library personnel must evaluate the library’s current collection and  consciously develop it to include resources that reflect a diversity of cultures. The collection must include authentic materials in French as well as English, including materials for curriculum needs, for pleasure reading, and for personal research. The collection must include a variety of genres and formats, including digital resources.  Library personnel should use collection development resources of the second language to help them with selection criteria. They may also find it helpful to consult the Checklist for Assessing the Library Collection and Selecting Authentic Materials for FLS and the Intercultural Competency. They should work with the FSL department to select library materials that support what the students are learning  in their classes.

The library must promote the use of these materials by giving adequate space and a prominent location. 

  • The space should physically suit the materials and make them easily accessible (for example, French language novels are usually paperback….)
  • Actively promote authentic documents in regular library services promotion (posters, displays, library website, newsletters, social media, etc)
  • Include French language materials in regular reading activities and displays (example, book clubs, contests, book talks, author visits, readathons, 
  • Highlight genres and types of documents that don’t exist in English to promote the uniqueness of each culture
  • Promote library materials that tie in with francophone popular culture (example, pop stars, movies, sports figures,  etc.)
  • Physical representation of resources in second language get equal value (signage, posters, up-to-date and current) Along with getting rid of out of date materials, new items need to be attractive, marketed, and easy to find.
  • Make sure that the finding aids (the catalogue) are as clear and user-friendly for all materials, regardless of language (ie being able to search by genre in any language), as well as spine labels, have colourful labels which identify books so that students can find them easily.
  • Approach and update regularly the FSL department about the new resources in the library
  • Facilitate cross curricular workshops that take place in the library ( ie write grant applications with FSL department, offer technical support, promote cultural programs such as La culture à l’école) 
  • Participate in reading activities that come from French language publishers, educational organizations, and associations

Boiron, M. (s.d). L’interculturel en classe au quotidien. Le cours de français, une école du regard. Alliance française. En ligne : https://mooc.cavilam.com/assets/courseware/v1/4a3b0ba1652c4543aa8c1c923ccd1cce/asset-v1:CAVILAM+CAV-001+5+type@asset+block/article-interculturel.pdf

Byram, M., Gribkova, B. et Starkey, H. (2002). Développer la dimension interculturelle dans l’enseignement des langues. Une introduction pratique à l’usage des enseignants. Strasbourg : Conseil de l’Europe. Division des politiques linguistiques. En ligne : https://rm.coe.int/16802fc3aa

Conseil de l’Europe (2001). Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL): apprendre, enseigner, évaluer. Strasbourg : Éditions du Conseil de l’Europe. 

Fougerouse, M.-C. (2016). Une approche de l’interculturel dans l’enseignement/apprentissage du français langue étrangère. Synergies France, no 10, p. 109-122.

Lussier, D. (2018). Développement des compétences de communication culturelles, interculturelles et transculturelles dans la formation des enseignants en éducation aux langues. Dans N. Vincent et S. Piron (dir.). La linguistique et le dictionnaire au service de l’enseignement du français au Québec. Montréal : Nota Bene, pp. 349-374.

Maga, H., en collaboration avec Ferreira Pinto, M. (s.d.) Former les apprenants du FLE à l’interculturel. Centre international d’études pédagogiques (CIEP). En ligne :

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